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Réalisatrice: mise en scène

Jamais Sans Lui... mais tout sur Ma-mmaire

Une pièce à deux personnages : LAURENCE et ROBERT

LAURENCE est rédactrice dans un magazine féminin, et ROBERT lui fait remarquer à quel point cela conditionne l’image qu’elle se fait de lui…

Quand lui se découvre une grosseur suspecte qui change de taille et d’aspect, elle s’inquiète pour elle, mais si elle boit trop de vin blanc, il considère que c’est néfaste aussi pour lui. 

Et quand LAURENCE se rend à un rendez-vous amoureux, elle n’hésite pas à le présenter, lui.  Mais, si son nouvel amoureux passe trop de temps à le regarder, lui, c’est elle qui en devient presque jalouse.

Ils ne sont pas un couple, pourtant, elle ne sort « jamais sans lui » !

Une histoire drôle, tendre et émouvante dans laquelle de nombreuses femmes se retrouveront, l’humour étant le meilleur allié de nos combats.   

Production

2020 jamaissanslui aff web

La Cie des Paroles Engagées a été créée dans le but de porter des sujets de sociétés contemporains ou historiques, des sujets forts qui offrent matière à la réflexion, et dont le développement artistique a l’avantage d’apporter une distanciation – bien souvent grâce à l’humour – en évitant l’écueil du prosélytisme moralisateur. C’est le cas de Jamais sans lui, pièce de l’auteur belge Thierry Pochet, tout premier projet théâtral monté par cette compagnie fribourgeoise nouvellement créée, qui réunit des artistes de différentes disciplines et de différents horizons afin de favoriser les échanges et les collaborations. 

Le Président de la Cie, Alain Cébius, auteur, comédien, et metteur en scène qui a aussi une longue expérience dans le domaine médical, est particulièrement sensible au sujet proposé par Jean-François Broggio pour cette première création.

La création et la diffusion de cette pièce sont faites en étroite collaboration avec La Cie valaisanne "Entre vous et moi" de Pascale Rocard, qui était toute désignée pour la mise en scène de Jamais sans lui. Cette auteure, metteure en scène, comédienne et productrice, est habituée à traiter de sujets délicats tels que la trisomie 21 ou le coma, ou la vieillesse en leur apportant toute la sensibilité, la poésie, la tendresse et l’humour nécessaires. 

Cette création est réalisée en partenariat avec L’association culturelle de La Tuffière à Corpataux dans le cadre de sa 14e édition en 2020-21 (www.latuffiere.org).

Note d’intention de Jean-François Broggio, initiateur du projet, 
Directeur artistique de la « Compagnie des Paroles engagées »

Est-il possible de traiter le thème du cancer du sein avec humour ? Si l’on écoute les nombreuses femmes avec lesquelles nous avons échangé pour écrire cette pièce. Il est évident que « l’humour » a été pour la plupart d’entre elles une force de combat nécessaire pour traverser les différentes étapes de la maladie. 

Le cancer en lui-même est un sujet grave, mais les situations qu’il engendre au sein de la famille, avec les amis, le corps médical et surtout avec soi-même, peuvent parfois revêtir un aspect cocasse ou insolite qui aide à supporter l’insupportable. La dérision devient le phare qui nous guide dans la tempête intérieure. 

Chaque année 6000 femmes sont atteintes de cette maladie en Suisse, et parmi elles des femmes de plus en plus jeunes. Pour chacune d’elles, il faudra affronter la douleur du combat mais également la difficulté d’être écoutée. Leur voix devient de plus en plus forte pour s’efforcer de cacher l’inquiétude, d’atténuer la culpabilité de devenir un Etre diminué. L’humour permet donc une sortie de la solitude, une acceptation de soi, le déclencheur du nouveau paradigme qui suivra la guérison. 

L’amitié et la complicité intellectuelle qui me lient à Thierry Pochet m’ont amené naturellement à me tourner vers lui pour l’écriture de cette pièce dont l’idée me trottait déjà dans la tête depuis quelques temps. Cet auteur belge aime traiter des sujets forts qui interrogent la société d’aujourd’hui, en faisant preuve de beaucoup d’écoute, d’ouverture et avec une plume sensible, antagoniste et poétique.  

Note d’intention de l’auteur, Thierry POCHET

Plus qu’une pièce sur le cancer du sein, Jamais sans lui est surtout une pièce sur tout ce que le sein représente pour les femmes aujourd’hui.

Parler du cancer sur scène, tirer quelque chose de ce thème s’est imposé de façon assez naturelle pour moi puisque cette pathologie est de plus en plus répandue - on estime que, parmi les femmes nées après 1953, une sur huit développera un cancer du sein avant d’atteindre l’âge de 75 ans. A titre personnel, je lui payé un lourd tribut : ma mère, ma tante et plusieurs amis proches…          Un auteur qui écrit pour le théâtre n’est pas une abstraction du monde réel : c’est bien un citoyen, un homme (ou une femme…) de son temps, engagé dans les questions du monde où il se trouve plongé. C’est tout naturellement dans ces questions qu’il va puiser d’abord la source de son inspiration.  Aucun sujet du monde présent n’est donc indigne de figurer dans son écriture.  A la suite de Victor Hugo qui le proclamait déjà dans la préface de Cromwell en 1827, il faut rappeler que « tout ce qui est dans la vie est dans l’art ».

L’idée d’écrire une pièce sur le cancer du sein semblait particulièrement intéressant à traiter sur scène : par le côté intime de ce cancer, par le fait qu’il touche un attribut du corps féminin qui a partie liée avec la silhouette, la féminité, l’érotisme, la sexualité, la maternité...

La façon de vivre (ou de faire vivre) le parcours médical, le discours tenu aux patients, l’accompagnement des malades ou, au contraire, leur relatif abandon, comment affronter les douleurs physiques, la perte des cheveux, la crainte de la mutilation… ce sont là des aspects du vécu des femmes qui constituent un fait de société passionnant à développer.

Restait à trouver une façon originale de traiter le thème ; il a semblé assez vite, dans la genèse de la pièce, que personnifier le sein sur scène serait le moyen le plus original d’arriver à nos fins, et permettrait d’apporter aussi un peu de légèreté.  D’abord, il offre l’occasion d’une ouverture en forme d’énigme : l’identité du personnage de Robert n’est pas dévoilée tout de suite. Le début pourrait donner à penser que les deux personnages sont des collègues de travail, ou un couple dans la vie, l’ambiguïté n’étant levée qu’à la 4e scène. Ensuite, personnifier le sein droit permet de donner corps aux injonctions contradictoires auxquelles les femmes peuvent être soumises : entre envie de guérir à tout prix et désir de conserver sa féminité, entre envie de se conformer aux canons de beauté en vigueur (quelle femme n’a pas envie d’être belle ?) et volonté de s’accepter telle que l’on est, y compris avec quelques kilos en trop… être femme dans le monde et dans le monde médiatique modernes s’apparente quelquefois à un parcours de schizophrène. Laurence qui travaille justement comme rédactrice de mode pour un magazine féminin, sera tout particulièrement confrontée à ce dilemme. 

Enfin, personnifier le sein en tant que personnage donne aussi l’occasion de quelques scènes drôles (la mammographie,…), touchantes (la danse,…) ou ne concernant pas la maladie mais la vie amoureuse et érotique de Laurence (l’évocation de ses rencontres avec Enzo d’abord, avec Alain ensuite).Le choix même du prénom Robert n’est pas anodin puisqu’il fait référence à l’expression argotique qui désigne communément le sein.         Traiter du sein offre donc la possibilité de parler du rôle de la femme dans la société, de ce qu’on attend d’elle dans sa vie amoureuse, de la pression que font peser les magazines féminins, de la séduction, des Femen,…

Note d’intention de la metteure en scène Pascale Rocard De la « Compagnie Entre vous et moi »

Après avoir parlé du coma avec Les îles flottantes, de la vieillesse avec Le Voyage d’Eugénie et donné la parole, via Philippe Myniana avec son Inventaire,  aux femmes dans les années 60 et de faire l’éloge de la différence avec Chromosome plus il était naturel que je m’engage sur Jamais sans lui avec ma Compagnie « Entre vous et moi", et que je m’associe avec bonheur à la « Compagnie Des paroles engagées » car les liens se sont créés immédiatement entre nous sur nos valeurs communes : donner au théâtre des thèmes délicats mais avec un regard humoristique et tendre qui montre le bon côté de la vie même dans les pires situations. 

Cette pièce théâtrale Jamais sans Lui de Thierry Pochet sur le thème du cancer du sein est bien un de ces sujets qu’il faut manier avec délicatesse. L’angle choisi de la comédie tendre est un défi, car nous pouvons tous être confrontés de près hélas à ce fléau, mais c’est aussi un chemin pour toucher et informer le plus grand nombre.

Après avoir rencontré son auteur et avoir travaillé tous les quatre sur différentes versions, d a'avoir fait l'adaptation, je me réjouis de mettre en scène ce dialogue entre cette femme Laurence et son sein, et  Robert son alter-ego, et tendre ensemble vers un spectacle émouvant, questionnant, sensible mais aussi drôle et parfois décalé afin que le public en sorte compatissant, léger et plein d’espoir, ayant comme remède le rire qui est le meilleur médicament à toute mauvaise traversée.

J’aime travailler avec les comédiens en une direction d’acteur sensible grâce à une scénographie esthétique et poétique, qui les servent au maximum, sans artifice et une mise en scène vive et rythmée grâce aux ruptures de ton et de situations afin de jouer constamment sur la ligne fragile de l’émotion.
et du rire, captant ainsi l’attention du public.

J’ai réuni un couple physiquement très contrasté et par là-même très complémentaire, qui servira parfaitement le propos de la pièce avec la place de plus en plus prépondérante que prendra au fil de l’histoire le personnage du sein dans la vie de Laurence. 

La comédienne Delphine Buresi, qui apportera sa sensibilité, sa gaité et sa drôlerie, et Philippe Thonney, comédien qui jongle lui aussi facilement entre comédie et émotion,relèveront tous deux le défi d’apporter de la légèreté à ce thème avec une tendresse infinie.

La musique soutiendra cette dualité, grâce à la vivacité des marimbas et la sensualité d’un bandonéon, du flamenco pour les passages dansés et la sensibilité de quelques strophes de la chanson Le temps qui reste (de Jean-Lou Dabadie).

Grâce à ma complicité avec mon scénographe Gilles Vuissoz, des jeux de lumière pour chaque lieux,des décors minimalistes et  transformables, des découpes visuelles. Grâce aussi au bonheur de travailler avec une équipe enthousiaste, cet angle de mise en scène contribuera à informer, émouvoir et faire rire, afin de toucher un large public. Donc « bon vent » à "Jamais sans lui" cette création sera bien entourée !

La musique soutiendra cette dualité, grâce à la vivacité des marimbas, la sensualité d’un bandonéon, d'une ambiance de tango pour les passages dansés et la sensibilité de quelques strophes de la chanson Le temps qui reste (de Jean-Lou Dabadie).